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Bobo-Dioulasso : Des femmes ont marché pour dire non au « terrorisme politisé »

Le samedi 6 octobre 2018 à Bobo-Dioulasso, une coalition de femmes dont la majorité est constituée des mères des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS), a organisé une caravane de soutien aux soldats du Burkina Faso. Elles ont rencontré les autorités coutumières et religieuses de la ville de Sya, afin de solliciter de leurs « doua » et bénédictions, pour que règnent la paix et la sécurité au Burkina. Elles se sont ensuite rendues au gouvernorat pour remettre un mémorandum au premier responsable de la région.

Le Burkina Faso est la cible d’attaques terroristes depuis un certain temps. Ces attaques ont malheureusement endeuillé beaucoup de familles des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS). Les femmes, notamment les mères des FDS, disent être les plus touchées par cette situation « déplorable ». Selon leur porte-parole, Awa Sanou/Cissé, la tristesse, la désolation et la peur règnent dans les familles. « On est sans sommeil, on ne dort plus la nuit car nous sommes attristées », a-t-elle laissé entendre.Déterminées à faire changer les choses au Burkina, ces femmes ont décidé de prendre les choses en main. Ainsi, à travers une caravane organisée dans la ville de Sya, elles ont décidé de rencontrer les différentes autorités coutumières et religieuses de la ville pour demander leurs « doua » et bénédictions pour la paix, la sécurité et la stabilité dans le pays. Ensuite, elles ont marché de la Place des nations jusqu’au gouvernorat, afin de remettre leur mémorandum au premier responsable de la région. Une manière pour elles d’interpeler le gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures urgentes pour que la sécurité revienne au Burkina Faso.

Awa Sanou Cissé porte-parole des femmes

« Notre vœu aujourd’hui, c’est la sécurité et la paix dans notre pays. Nous mettons nos enfants au monde pour qu’ils puissent s’occuper de nous un jour. Si nos enfants sont en train de tomber sous les balles assassines des terroristes politisés, c’est vraiment dommage », a déploré la porte-parole des femmes, avant d’ajouter : « C’est pourquoi nous interpelons les premières autorités du pays afin qu’elles puissent trouver des solutions pour vaincre ces forces du mal et apaiser le cœur de toutes les mères ».

Face à la nature du fléau, elles estiment que le gouvernement a aussi besoin du soutien de chaque fils et fille pour trouver des solutions à cette terreur car, disent-elles, « la vie de nos enfants et de nos maris n’a pas de prix ». Ainsi, elles lancent un appel à l’union sacrée autour des FDS, afin de pouvoir vaincre les forces du mal. 
Au gouvernorat, les femmes ont été reçues par le secrétaire général de la région des Hauts-Bassins, Bernard Béba, qui était accompagné des hauts-commissaires des provinces du Houet et du Tuy. Le secrétaire général a salué l’initiative de la marche et félicité les femmes. Du reste, il leur a promis de transmettre leur message à qui de droit.

Les femmes a la mosquée pour prier pour la paix et la sécurité au Burkina Faso

A en croire Awa Sanou/Cissé, ces attaques terroristes sont « des attentats de vengeance, des règlements de comptes ». « Il y a d’autres qui disent que le Burkina Faso est en guerre. Nous ne sommes pas en guerre. Il y a des gens que nous avons chassés du pays qui ne veulent pas reconnaître leur défaite et ils sont en train de tuer leurs frères et leurs fils et le gouvernement n’a pas le courage de le dire. Si les terroristes arrivent à tuer nos enfants et puis s’échapper dans la nature, c’est parce qu’ils connaissent le territoire burkinabè. C’est pourquoi nous disons non et non au terrorisme politisé, non aux attentats barbares », a-t-elle scandé.

Les femmes disent n’avoir ni la force ni les moyens nécessaires pour combattre les terroristes, mais elles se remettent à Dieu, sur qui elles comptent pour faire triompher la vérité. « Nous lui [Dieu] demandons pardon. A cause de nous qui mettons les enfants au monde, qu’il ait pitié de nous les mamans », implorent-elles. Aussi, elles demandent aux partis de l’opposition « d’arrêter de déstabiliser le pays et de proposer des solutions concrètes, car nous avons besoin de la paix ».

A l’occasion de la journée de prières en faveur de la nation, ces femmes ont rejoint la communauté musulmane à la grande mosquée de Dioulassoba, afin de prier pour le bien-être social et la paix au Burkina Faso. Ce fut également une occasion pour elles de prier pour le repos des âmes de tous ceux qui sont tombés sous les balles assassines et plus particulièrement pour les éléments des FDS.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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